L’UFOLOGIE AU BRESIL
- par Fabrice Bonvin -
http://www.extraterrestres.org
Le Brésil ? « Les plages, le futbol, le carnaval, les bikinis
», me répondrez-vous. Sans doute, saviez-vous qu’il
représente aussi la patrie des OVNIs, au même titre que
les Etats-Unis ?
Eh oui, le pays de Pelé est le théâtre
d’impressionnantes et de récurrentes observations d’OVNIs.
D’ailleurs le premier récit contemporain d’ «
enlèvement par des extraterrestres » enregistré
concerne un Brésilien, Antonio Villas Boas, en 1957. Les
médias, qui tentent de ramener le phénomène
à un fait sociologique exclusivement américain, omettent
généralement de signaler la richesse des chroniques
brésiliennes en matière d’ufologie. Enfin, passons…
Comme j’aime constater les choses par moi-même, je suis parti
pour le Brésil. Armé de mon petit baluchon et d’un carnet
d’adresses ufologique gracieusement transmis par Bob Pratt (1),
j’atterris
à Florianopolis, capitale de l’Etat de Santa Catarina. Là
m’attend Eustaquio « Grego » Patounas, auteur de plusieurs
ouvrages sur la question (2). Il me met en contact avec plusieurs
acteurs
de la scène ufologique, dont une femme – professeur de
neuro-psychiatrie à l’une des universités de Rio de
Janeiro – qui affirme avoir été enlevée par
des…extraterrestres !
Eustaquio « Grego » Patounas et moi-même
A Rio de Janeiro, hormis cette abductee,
je rencontre Cynthia Luce, une
Américaine installée depuis une trentaine d’années
à Sao Jose do Vale do Rio Preto, un petit village situé
dans la montagne au nord-ouest de Rio. Cynthia est une femme d’une
grande culture et intelligence et l’une des vétérans de
l’ufologie : elle a côtoyé les plus grands, dont Allen
Hynek. Bref, il est toujours très intéressant de discuter
avec elle, d’autant plus qu’elle a accompagné Bob Pratt dans ses
enquêtes de 1991 et 1992, offrant ses compétences de
traductrice. Voilà quelqu’un qui connaît les
réalités du terrain et qui ne se contente pas
d’élaborer des théories de salon.
Sao Jose do Vale do Rio Preto
Près de Sao Jose do Vale do Rio Preto se trouvent plusieurs
lieux d’observations d’OVNIs, dont un mont de granite dans lequel des
sphères lumineuses viennent se fondre ! J’ai eu connaissance,
quelques années auparavant, de cas similaires d’OVNIs se fondant
dans des montagnes de Haute-Savoie, en France. Sacrés OVNIs en
tôles et boulons !
Le mont dans lequel des disques lumineux viennent se fondre
Accompagné de Cynthia et de son chauffeur, nous avons pris la
route pour Varginha. Pourquoi Varginha ? Parce que cette ville,
située dans l’Etat du Minas Gerais, se proclame « capitale
des extraterrestres » depuis quelques années. Et de quel
droit ? Parce que le 20 janvier 1996 s’y serait écrasé un
OVNI et ses occupants capturés par les autorités locales.
A première vue, l’histoire est complètement loufoque,
flirtant avec le niais, le ridicule et semble directement
inspirée d’un mauvais scénario de film de série B.
A première vue seulement.
Car l’histoire est corroborée par de nombreux témoins,
tant civils que militaires. Des civils, terrifiés et
traumatisés (dont la sincérité ne fait aucune
doute), affirment avoir aperçus les occupants de l’OVNI dans la
ville même de Varginha. Et des militaires, sous le couvert de
l’anonymat, ont révélé les noms de leurs
confrères impliqués dans les opérations de
capture, de transfert ainsi que les identités des
médecins qui se sont occupés des entités. L’un des
agents des services secrets de la police militaire brésilienne -
Marco Eli Cheresi - qui participa à la capture des
entités, mourut dans d’étranges circonstances,
apparemment contaminé par l’humanoïde. Pendant plusieurs
jours, la ville de Varginha fut en effervescence, la rumeur allait bon
train tandis que les militaires brésiliens s’adonnaient à
d’inhabituelles manœuvres (hôpitaux inexplicablement
réquisitionnés, convois omniprésents, etc…).
Dès lors, pressés par les médias locaux et par TV
Globo, les responsables militaires ont fourni toutes sortes
d’explications boiteuses, qui n’ont fait que renforcer les suspicions
de mensonges et de dissimulations. Le lecteur non familier avec ce cas
trouvera les informations de base concernant cette affaire dans les
liens suivants :
http://www.ovni.ch/~farfadet/var1.htm
http://www.ovni.ch/~farfadet/var2.htm
http://www.ovni.ch/~farfadet/VarginhaLuis.html
http://www.ovni.ch/guest/sannazz.htm
http://www.ovni.ch/guest/leir.htm
Les enquêteurs qui ont révélé l’affaire,
Franco Ubirajara Rodrigues et Vitorio Pacaccini, n’ont rien de
plaisantins. Il était prévu que je m’entretienne avec
Ubirajara à Varginha, mais apparemment pris dans un emploi du
temps démentiel – il ne put m’accorder d’interview. Je
réussissais, néanmoins, à rencontrer son fils,
Rodolfo ainsi qu’un ufologue local, Tadeu Pinto Mendes, avec lequel je
pus discuter des derniers développements du cas.
Tadeu Pinto Mendes (à droite)
Rodolfo (à gauche), moi-même et une fille du coin
Nous nous rendîmes aux endroits mêmes où les
événements eurent lieu, huit années plus
tôt. D’abord, le lieu où les trois adolescentes - Katia
Andrade Xavier, Liliane Fatima da Silva et Valquiria Aparecida da Silva
– observèrent l’une des créatures.
Depuis l’incident, de nombreux badauds se sont rendus dans cette petite
cour afin de mieux se rendre compte de la situation.
Exaspéré, le propriétaire du terrain y a
dressé un mur (style mur de Berlin ou mur de la honte en
Israël) avec bris de verre incrustés afin de dissuader les
curieux de piétiner son lopin de terre.
Monsieur-je-me-crois-plus-malins-que-les-autres, si vous me lisez,
sachez que je ne vous trouve pas très cool. Ce n’est pas tous
les jours que des extraterrestres se posent à Varginha, c’est un
événement plutôt extraordinaire, si vous voyez ce
que je veux dire. Alors, s’il vous plaît, abattez ce mur et
respectez les pèlerins, surtout quand ils proviennent de l’autre
bout du globe. Admirez le mur :
Le mur de...Varginha !
Non loin de là se trouve le petit bois où la
première créature fut capturée par les pompiers.
Voici une photo ainsi qu’une vidéo (16
secondes, format
quicktime) du site :
Le lieu de capture de l'une des créatures
A quelques kilomètres du lieu de capture se déroula l’une
des observations initiales. C’était à 1h30 du matin
(toujours le 20 janvier 1996), à 10 km du centre de Varginha,
que Eurico Rodrigues de Freitas et sa femme, Oralina Augusta,
observèrent un engin de petite taille (de la grandeur d'un
minibus), sombre, de la forme d'un sous-marin qui survola leur ferme
durant 40 minutes à une altitude de 5 mètres. Selon le
couple, le véhicule semblait endommagé à l'une de
ces extrémités d'où s'échappait de la
fumée. L'OVNI continua sa route en direction de Jardim Andere,
un quartier de Varginha. Voici l’habitation du couple ainsi qu’une vue
générale de la région (vidéo quicktime)
:
Le lieu où se serait produit le crash, en entouré, la
maison du couple Freitas
Quelques jours suivant l’incident, Tadeu Pinto Mendes eut l’idée
d’organiser des surveillances du ciel. Il observa de nombreuses
lumières nocturnes non-identifées qu’il interprète
comme des « sondes », en mission de reconnaissance. Il prit
plusieurs clichés de ces lumières :
L’aspect sociologique de l’incident de Varginha est fortement
intéressant. Au Brésil, l’écrasante
majorité de la population a entendu parler des « E.T. do
Varginha », selon l’expression en vigueur. Il faut dire
qu’à l’époque l’affaire eut un important retentissement
national alors qu’au niveau international le black-out fut quasi total.
A Varginha, j’ai questionné plusieurs résidents sur ce
qu’ils pensaient de toute cette affaire. La plupart ne prend pas
l’affaire au sérieux, du moins en apparence. Beaucoup ne
comprennent pas pourquoi le maire a gaspillé les contributions
publiques à reproduire une soucoupe volante grandeur nature au
milieu de la place centrale, à construire des abris d’autobus ou
des lampadaires en forme de soucoupe. Apparemment, les autorités
locales capitalisent sur l’incident, espérant attirer des
touristes vers ce qu’ils ont autoproclamés « la capitale
nationale des OVNIs ». Or, les habitants de Varginha –
habitués à vivre dans une ville prospère et
tranquille dont l’activité économique est basée
sur l’industrie du café – se seraient bien passés de
cette publicité !
Une énorme soucoupe volante
commémore l'incident sur la place centrale de Varginha
Nombreux sont les endroits de l’Etat du Minas Gerais riches en
observations d’OVNIs. L’un d’eux se situe à proximité de
Varginha et s’appelle Sao Thome das Letras. Flanqué sur un mont
à 1400 mètres d’altitude, ce village domine la
région et favorise l’observation du ciel. Drôle d’endroit,
tout de même ! Une concentration affolante d’échoppes
proposant des articles New Age,
des hippies version années 70
(et non les fils à papa bobos qu’on trouve de nos jours) et un
calme plat qui ferait presque douter qu’on se trouve au Brésil.
Depuis le cruzeiro et le mirante, la vue, qui se
décline sur 360 degrés, est imprenable sur toute la
région (vidéo quicktime).
Sao Thome das Letras
... ses pousadas rappelant la tradition ufologique de la
région...
... et l'un des panoramas qu'offrent les hauteurs du village
Quittons le Minas Gerais pour nous rendre à des milliers de
kilomètres plus au nord, à Natal, capitale de l’Etat du
Rio Grande do Norte. Dans cet Etat, les observations d’OVNIs y sont
également nombreuses. Si nombreuses que des ufologues organisent
régulièrement des nuits d’observation du ciel. Parmi eux,
nommons Allyson Santos et Jorge Lucio, ce dernier comptabilisant plus
de 3'000 heures d’observation, certaines couronnées de
succès (3).
Allyson, qui prend sa mission de surveillance du ciel très au
sérieux, m’a fait remarquer que les comptes rendus
d’observations d’OVNIs du nord du Brésil ont lieu à
proximité de sites très riches en gisement d’uranium. Ce
constat suggère – une fois de plus – que le
phénomène OVNI est indissociable de la question du
nucléaire.
Allyson Santos (à gauche)
En conclusion, l'ufologie brésilienne se porte relativement
bien, et ceci grâce aux manifestations d'OVNIs qui se
déroulent, de manière constante, dans certaines
régions bien délimitées (des Etats du Minas
Gerais, du Rio Grande do Norte, du Para et de l'Amazonie). Ces
apparitions pourraient bien être liées à
l'état de ressources naturelles susceptibles de jouer un
rôle vital dans un futur proche. Ces manifestations d'OVNIs
donnent ainsi l'opportunité - aux enquêteurs qui n'ont pas
peur de se retrousser les manches, à l'image de Bob Pratt - de
mener de fascinantes investigations sur le terrain. Voilà
peut-être pourquoi l'activité d'ufologue au Brésil
est l'une des plus intéressantes au monde.
_____________________
(1) Ancien journaliste au National
Enquirer et enquêteur américain, il s’est rendu une
quinzaine de fois au Brésil afin de recueillir les
témoignages d’individus – principalement des pêcheurs ou
des agriculteurs – poursuivis et, souvent, attaqués par des
OVNIs nocturnes. Son ouvrage, qui résume des centaines d’heures
d’interviews, fut publié sous le titre « UFO Danger Zone – Terror and Death in
Brazil – Where Next ? », aux éditions Horus,
Madison, Wisconsin, en 1996. Son site internet, très instructif,
est disponible à : http://www.bobpratt.org.
(2) Son site internet est consultable à : http://www.socex.net.
(3) Consultez leur site internet, disponible à : http://www.ipurn.com.br.